SN_carousel_rainbow_home

Carousel and Rainbow Working: Ideas from Britain

Posted by Speakeasy News > Tuesday 18 December 2018 > Pedagogy

Le travail de groupes représente une modalité de travail que les professeurs apprécient de plus en plus. Pour que cette activité soit plus motivante et plus fructueuse, Aurélie Watts nous suggère quelques tips qui permettent d’en éviter certains écueils et de donner sa place aux cinq objectifs que Philippe Meirieu assigne aux activités de groupes : la finalisation, la socialisation, le monitorat, la confrontation et, bien sûr, l’apprentissage. Il est en effet essentiel que cette modalité de travail soit, en elle-même, le lieu d’acquisition de compétence et non pas seulement le lieu de production d’une tâche ou d’un objet.


Travail de groupe :
S’assurer que tout le monde participe

Si le travail de l’oral dépend du climat quotidien de la classe, où se pratique le développement de la confiance en la parole de l’individu, il est également essentiel qu’il soit accompagné du respect de l’écoute des autres et de la prise en compte de leurs idées. De là découle la capacité des élèves à travailler en groupes, d’y voir une force et une richesse. Le travail de groupes peut être perçu comme une épreuve par les élèves : les plus performants peuvent y voir une corvée car ils ont l’impression de devoir porter le groupe, de faire le travail pour les autres, et les élèves moins performants peuvent s’y sentir dépassés et compenser par une attitude incorrecte. Enfin, les timides y sont souvent mal à l’aise. Comment éviter ces écueils et s’assurer que tous participent et font bénéficier le groupe de leur participation ?

Les Britanniques font appel ici à plusieurs des techniques qui relèvent de l’approche actionnelle.

Carousel : un brainstorming dynamique
Si un brainstorming est nécessaire pour l’entrée dans une séquence, il convient de s’assurer que tous les élèves y participent, cogitent et rebondissent en prenant appui sur les idées des autres.

On divise la classe en groupes (jusqu’à six groupes par exemple). Sur six feuilles A3 on inscrit au centre le sujet du brainstorming.

Chaque groupe doit utiliser une couleur différente. On donne une feuille à chaque groupe et deux minutes pour créer autant d’arborescences que possible. À la fin des deux minutes, les groupes passent leurs feuilles dans le sens des aiguilles d’une montre au groupe le plus proche. Chaque groupe a alors trente secondes pour lire les réponses de leurs voisins (sans rien écrire) et deux minutes pour ajouter des connexions aux bulles trouvées par le groupe précédent. Ainsi de suite jusqu’à ce que les groupes retrouvent leur brainstorming d’origine.

La classe partage les idées les plus intéressantes ou les plus farfelues car elles peuvent parfois mener à une analyse plus poussée.

Rainbow working : La responsabilisation dans le travail de groupe
Lors d’un travail de groupe, on donne a chaque équipe la responsabilité de travailler sur un aspect différent d’un texte étudié, d’une question, d’un livre lu etc. Par exemple, un groupe explore le thème de l’amour, un autre un personnage particulier, un dernier l’auteur.

Ensuite, on crée de nouveaux groupes dans lesquels chacun des aspects est représenté par un-e élève des groupes précédents.

Chaque élève est seul-e responsable de transmettre le travail effectué en amont avec son groupe thématique à son nouveau groupe (qui n’a pas travaillé sur la même question) pour permettre l’émergence de nouvelles discussions, points de vue et opinions par la confrontation et l’échange. Cela permet à toutes et tous d’acquérir une compréhension plus fine et plus complète.

Conscience Alley : un travail dynamique sur texte en groupe (niveau B2 / LELE)
Certains textes étudiés mettent les personnages dans des situations difficiles où ils doivent faire des choix difficiles. Une façon de faire travailler sur la compréhension du texte, la langue orale, le vocabulaire et de s’assurer que tout le monde participe est de créer une “conscience alley”: Un-e des élèves joue le rôle du ou des personnage-s concerné-s. On le/la fait marcher entre deux rangées composées du reste des élèves de la classe. L’élève-personnage doit marcher très lentement. Chaque élève des rangées représente sa conscience et doit se servir de sa connaissance du livre en question pour lui dire quelque chose qui doit peser sur sa décision (il s’agit d’interventions courtes). À la fin de sa promenade dans “conscience alley”, l’élève-personnage doit expliquer les choses qui l’ont le plus fait réagir et pourquoi.

Hot-seating or Mantle of the expert : Le jeu de rôle au service de la compréhension collective et de la prise de confiance
Deux jeux de rôles qui permettent une construction de l’estime de soi et la prise en compte de l’écoute de l’autre.

Hot-seat: un des élèves joue le rôle d’un personnage et doit répondre aux questions de la classe.

Mantle of the expert: il s’agit du même exercice que pour hot-seat mais, cette fois, on va donner à l’élève un thème précis et il doit venir prêt en classe fort de sa préparation pour répondre aux questions.

Des outils numériques à considérer – Googleclassroom & Googledrive

Googleclassroom est un outil hors pair pour faciliter et assurer le suivi du travail de groupes. Tout établissement ayant un compte sur ce serveur et ayant créé des adresses emails pour les élèves peut l’utiliser gratuitement.

Il s’agit d’une interface entre l’enseignant-e et sa classe où tous peuvent communiquer sur les documents partagés, les devoirs qui peuvent y être donnés et corrigés en postant des commentaires généraux ou (si cela a été permis par l’enseignant-e) des commentaires entre élèves sur leurs travaux.

Il y a la possibilité des créer des questions pour la classe à utiliser en classe ou à la maison afin de s’assurer de la participation et du partage effectif des idées de chacun et d’en faire profiter toute la classe.

L’application Google fonctionne avec Googledrive qui permet également le travail collaboratif sur un même document par plusieurs élèves. Il permet grâce à l’historique facile d’accès de s’assurer de la part de travail de chacun et de permettre aux élèves de prolonger le travail collectif en dehors de la classe.


Auteur(s) :

Aurelie Charbonnel-Watts, est professeure d'anglais et Head of the English Department au Collège Français Bilingue de Londres