SN_life_skills_home

Mobilising Life Skills to Aid Language Learning

Posted by Speakeasy News > Thursday 15 December 2016 > Pedagogy

Cooperation, problem-solving, decision-making, critical thinking: all of these vital “life skills” can be acquired and mobilised in language class, and contribute to Domaine 2 of the Socle commun : Les méthodes et outils pour apprendre.


Le cours de langue, de par sa nature, permet d’acquérir par l’expérience de nombreuses compétences cruciales que les anglophones appellent life skills et qui se nomment aptitudes à la vie quotidienne en français. Comment tirer profit des activités de classe pour les développer ou les mettre en valeur ?

D’une façon générale, il s’agit de compétences souvent considérées comme plus ou moins innées ou pas vraiment du ressort de l’apprentissage scolaire. Il est difficile d’en dresser une liste exhaustive ou de les distinguer très clairement les unes des autres car elles ont tendance à s’exercer en combinatoires. Il existe de nombreux sites qui aident à en comprendre les différentes familles mais les catégories proposées sont souvent différentes d’un site à l’autre. Pour ce qui intéresse les enseignants de langues vivantes, on retiendra prioritairement :

Les aptitudes à la communication et les compétences interpersonnelles (Social Skills) :

•    la communication non verbale
•    l’écoute active
•    la capacité à exprimer ses sentiments ou ses émotions
•    la capacité à convaincre ; etc.

Les aptitudes à la coopération (Cooperation Skills) :

•    la capacité à coopérer, à accepter la façon de faire des autres, à évaluer ses propres capacités et à contribuer au travail de groupe
•    développement de l’empathie

Les aptitudes à la réflexion (Thinking Skills) :

•    Résoudre des problèmes (problem-solving) : établir des priorités, peser le pour et le contre, jauger, négocier, …
•    Prendre des décisions (decision making) (ex : plutôt que de trouver toutes les solutions possibles et imaginables pour résoudre le réchauffement climatique, cerner quelques solutions concrètes et en étudier la faisabilité en justifiant).
•    La connaissance de soi (self knowledge) : confiance en soi, apprendre des choses sur soi-même, développer des opinions, une identité en observant l’identité des locuteurs de la langue que l’on apprend.
•    La pensée critique (critical thinking) : analyses de attitudes, des valeurs, des normes sociales des pays dont on étudie la langue ; devenir ainsi conscient de ses propres préjugés ; aptitude à recueillir des informations et à les analyser ; exprimer son point de vue.

Comment faire en classe ?
Il ne s’agit pas de considérer ces compétences comme un nouveau référentiel, un nouveau programme à additionner à ceux dont nous disposons déjà. Il est plutôt question de tirer profit des activités de classe pour les développer ou les mettre en valeur. Prenons l’exemple des débats :

Par débat, on entend toute activité, quel que soit le niveau de classe, qui consiste non pas à exprimer, par juxtaposition, des opinions que l’on envoie dans l’espace de la classe comme des balles au tennis, mais celles qui permettent aux élèves de partager réellement des opinions à partir d’une question qui ne possède pas une unique bonne réponse. Cela implique d’apprendre à construire une argumentation, même simple ; de l’expliquer et de l’illustrer ; d’écouter le point de vue des autres et d’en tenir compte ; éventuellement de modifier son opinion de départ.

La complexité du problème à résoudre sera adaptée au niveau de classe (maturité, moyens langagiers, intérêts) et pourra aller de Which makes a better pet – a cat or a dog? à Which helps society more – a doctor or a teacher? *

À un niveau élémentaire, les élèves prépareront leur argumentation de façon guidée, il existe de nombreux graphic organizers qui peuvent y aider.

SN_graphic_organiser_home

Il faudra veiller à fournir la langue qui correspond à cette préparation (depuis Here’s what I think… à I tend to feel that…). L’habitude de ces activités et la pratique fixera ce Classroom English si utile et permettra d’alléger le guidage.

Lorsque les élèves sont prêts, l’heure du partage est arrivée. Pour éviter que le/la professeur(s) se charge de tout le travail de médiation, il convient d’apprendre aussi aux élèves à assumer la tâche de moderator, celui ou celle qui introduit le débat, donne la parole de façon équitable en s’assurant de la répartition du temps de parole, veille à ce que tout le monde s’expriment et à ce que chacun parle à son tour, relance la discussion si elle s’enlise, rappelle au besoin les règles du débat, etc. Tous les élèves doivent, à un moment ou à un autre expérimenter ce rôle si important pour comprendre, par la pratique, la difficulté de la mission. Là encore, la langue nécessaire sera mise en place en amont et évoluera avec les compétences langagières des élèves.

Jusqu’ici, rien de nouveau ou qui semble permettre le travail des Life Skills ?

Alors, pour développer les social skills et les thinking skills, on introduira les éléments suivants, suivant le niveau de classe et les compétences déjà en place :

•    pour développer l’écoute active du point de vue des autres, obligation pourra être faite de débuter la présentation de son point de vue par le rappel de ce qui vient d’être dit (ex. : If I understood what you said, you think that but … ; You seem to think that … it’s all very well but …, etc.) ;
•    Les élèves seront entrainés à faire la différence, dans leur démonstration, entre faits et opinions (ex. : People often say that … but research shows …) ;
•    Des pauses régulières seront faites pour récapituler et permettre à un(e) ou plusieurs secrétaires de séance (pas toujours des filles !) à renseigner un tableau, prendre des notes, construire une carte heuristique qui lui serviront à reprendre la totalité du débat en fin de séance. Les camarades seront attentifs car il s’agira pour eux de s’assurer, à partir de leurs propres notes, que tous les arguments et points de vue ont bien été mentionnés. On pourra désigner un(e) secrétaire de séance par point de vue (pour ou contre, par exemple) et pourquoi ne pas inclure le camp des indécis qui n’est pas très souvent pris en compte dans les activités de weigh the pros and cons ;
•    Si on le souhaite, les différents intervenants seront debout et l’on pourra ajouter tous les éléments liés au langage non verbal et au body language en explorant les effets produits par telle ou telle posture physique dans un débat (se croiser les bras, secouer la tête, ricaner, etc.) ;
•    Le moderator conclura les travaux en reprenant les éléments clés du débat sans prendre parti ;
•    Les différents rôles (moderator, secretary, time-keeper, etc.) doivent être exercés tour à tour, au fil de l’année, par tous les élèves lorsqu’ils y ont été préparés. C’est le moyen de montrer la difficulté liée à chacune des missions et de développer toutes les compétences nécessaires à la technique du débat ;
SN_peer_assessment_home•    Enfin, pour faire progresser les élèves, l’on pourra établir avec eux, en début de travail, des éléments d’évaluation positive entre pairs (peer assessment) qu’ils mettront en œuvre pour évaluer leur travail. Selon le principe de “2 stars and a wish”, ils reviendront sur le travail accompli selon leurs moyens linguistiques (2 stars : We all said something / We were all able to say something interesting ; Everybody was polite / We all respected what our classmates said / Everybody’s opinion was listened to and respected – 1 wish : Next time, We’ll all speak louder / We’ll have to try and be more convincing / We’ll have to use a more varied vocabulary…).
La même activité lors du débat suivant donnera l’occasion de faire des bilans (This time, everybody’s been more convincing, everybody’s spoken louder…) et de comparer (This time’s debate was more interesting…).

Voilà une façon de promouvoir l’apprentissage explicite sans renoncer à faire de l’anglais !

* Exemples tirés du document Macmillan Life Skills.


Auteur(s) :

Ruth Alimi est IA-IPR dans l'académie de Créteil, et conseillère pédagogique de Speakeasy News.